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La famille | |
La nature du milieu himalayen a imposé des règles de vie aux populations qui s'y sont installé à tel point qu'au cours de la traversée du Zanskar, chacun est confronté à ces questions élémentaires : | |
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La composante essentielle est le relief montagneux qui ne permet pas la
création de gros villages, mais de petits hameaux et de rares maisons isolées. Chaque emplacement à peu près
plat est utilisé pour cultiver un champ d'orge ou de pois, à condition de pouvoir amener de l'eau pour
l'irrigation.
Un réseau de canaux semblable en tout point aux "bisses" de Suisse a été construit. Pour contourner des pans de montagne, il a fallu construire des portions de canaux étayées sur le vide au bas des gorges de Tar, ou creuser des tunnels dans le rocher à Dah, ou traverser d'un flanc de ravin à un autre dans des troncs d'arbre creux en amont de Chilling. L'habitation est construite près de ce champ sur un emplacement impropre à la culture. L'ensemble "maison + terre" forme un bloc indissociable qui assure la survie d'une famille. A tel point que le vocabulaire ladakhi n'a pas de mot pour désigner la bâtisse distinctement des terres, et que les Ladakhis utilisent un mot urdu pour la nommer. La pratique de la polyandrie permet d'assurer l'intégrité du domaine : le fils aîné, en se marriant, épouse une femme qui devient automatiquement la femme de tous ses frères. Et, de la même façon, dans une famille qui n'a que des filles, l'aînée épouse un homme qui devient le mari de toutes ses soeurs. Le mari vient habiter dans la maison de sa femme, mais dans ce cas, c'est sa femme qui est chef de famille et qui a le droit de vote au conseil du village. On a donc un seul mariage par génération et l'héritage est effectif au moment de la naissance du premier enfant. L'héritage comprend : les champs, les animaux : yaks, chèvres et chevaux, la maison et le pérak. Cette coiffe typique du Zanskar est portée par la femme du chef de famille ou par la femme chef de famille. Il y a un pérak par famille et il fait partie du patrimoine. Dans chaque famille, un enfant, garçon ou fille ou un de chaque, devient moine ou nonne. Il apprendra alors à lire, à écrire et à compter. Ici, comme dans tout le Ladakh, les moines ne sont pas cloîtrés, mais participent à la vie quotidienne des familles. Les moines sont consultés à chaque moment important de la vie de la maisonnée. Le moine astrologue calcule quel jour est le plus favorable pour commencer les labours, semer, récolter ou entreprendre un déplacement. D'autres moines sont appelés pour bénir les semences, bénir les yaks, bénir les récoltes, célébrer les naissances, les mariages et les crémations. La religion est omniprésente. Sur le toit ou à l'étage le plus haut, chaque maison a une pièce avec un petit autel, sept coupes d'eau, des images de divinités, une photo du Dalaï Lama et des coupes d'offrandes. Chaque jour, matin et soir, le chef de famille vient devant cet autel réciter les prières pour la santé et le bonheur de toute la maisonnée. |
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