1 -  La   Ville   de   P A D U M
(cliquer sur une photo pour l'agrandir et sur la croix pour la fermer)
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Depuis le 31 octobre 2019, l'ancien royaume "Zanskar" est devenu le sous-district "Padum" du district "Kargil" du nouveau "Union Territory" (Territoire de l'Union) : "Ladakh". En effet :
A cette date, l'état : "Jammu&Kashmir" fut partagé en deux UT : "Jammu&Kashmir" d'une part et "Ladakh" d'autre part. Le Ladakh comprend deux districts : "Leh" et "Kargil" qui ont le nom de leur chef-lieu.

Que faire à Padum ?
La ville de Padum se compose de deux parties séparées l'une de l'autre d'environ 1 km.
C'est autour du vieux Padum qu'il faut faire des découvertes :


La partie ancienne est au pied de la colline sur laquelle se trouvait le palais royal, détruit par des troupes du Lahaul et du Kinnaur en 1822.
La plupart des habitations sont en ruines sauf celles au pied de la colline facilement accessibles en voiture.
Cette ligne de 8 chortens, au bord de la route qui part vers Phuktal, est le point de départ d'une montée au sommet de la colline.
Il faut passer derrière ces 8 chortens et prendre un circuit de dalles rouges qui passe devant de grands chortens qui méritent d'être vus.

Premier chorten-passage
sur notre chemin
Mandala au plafond
sous le chorten
Détail du centre du mandalaLion sur une face du chorten,
avec l'oiseau, le cheval
et l'homme-oiseau
Deuxième chorten-passage
moins bien conservé
Détail des fresques avec une Dakini
dansant en s'accompagnant d'un damaru
Chorten récent près du sommet
avec une large vue sur la plaine

Depuis le sommet, à gauche, vue sur les ruines de la vieille ville.
A droite, le cercle de danse des moines pour le festival d'hiver, avec une vue sur la Lungnak Valley.
Puis une photo (volée sur Tweeter! ) de Padum en hiver, prise par des étudiants du Zanskar depuis l'hélicoptère qui les amenait à leur école à Leh.
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L E S   5   D H Y A N I S   B O U D D H A S
Près de la rivière Tsarap, un très gros bloc a été sculpté des 5 Dhyanis Bouddhas, d'une esquisse de Maitreya et de nombreux chortens.
Un sentier de dalles rouges a été aménagé pour faire le tour de ce bloc, mais rien n'indique comment y arriver.
Depuis "la nouvelle ville", il faut reprendre la route vers le vieux Padum en passant devant la belle mosquée, malheureusement entourée d'un haut mur aujourd'hui, puis repasser devant les huit chortens vus plus haut. Il faut continuer sur quelques dizaines de mètres et prendre la première rue goudronnée sur la gauche. On traverse des bâtiments administratifs aux toits verts, et quand la rue tourne franchement à gauche vers les champs, continuer tout droit sur un chemin de terre. Sans s'approcher d'une ferme, partir sur la droite vers la rivière pour apercevoir le dallage rouge et le rocher.
 
La vieille mosquée sunniteLe grand rocher des 5 Dhyanis Bouddhas et Maitreya deboutPlaque de présentationBuste du Maitreya debout

Dans l'ordre vu sur le rocher, voici chaque Bouddha au-dessus de sa monture :
Ratnasambhava
cheval
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Akshobhya
éléphant
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Vairocana
lion
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Amoghasiddhi
garuda
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Amitabha
paon
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Sous les Bouddhas et leur monture, on voit encore une ligne de petits chortens et au-dessous d'eux une suite ininterrompue de personnages debouts alignés d'un bout à l'autre du rocher. En quittant ces gravures, il faut remonter le sentier dallé le plus haut possible, puis monter sur le terrain vague jusqu'à cette pierre visible de loin et couverte de chortens. Après ça, il reste à visiter le monastère perché sur la colline !
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s T A G R I M O *  G O N P A
(*au Zanskar, comme au Tibet, le "s" en préfixe ne se prononce pas. Même chose avec sTongdé. Mais à Leh et dans toute la basse vallée de l'Indus, ce "s" est prononcé.)
Pour monter à sTagrimo gonpa, le plus simple est de suivre la route qui passe sur la droite du vieux Padum. sTagrimo est un gonpa Drukpa comme Sani, Dzonkhul, Muné et Bardan.
Au départ, au pied de la colline, on verra une nouvelle mosquée qui se construit (en 2019) à l'emplacement de la première mosquée construite à Leh, qui était une simple salle minuscule.
Arrivé au pied du gonpa, un sentier au milieu des arbres monte vers le monastère, composé de plusieurs salles dispersées sur la colline.
Le "Lama barbu" Zhabdrung Rinpoché, fondateur de la lignée drukpa bouthanaise.
Le Lhakhang
 
Padmasambhava au centre, ses deux Dakinis, la rouge et la bleue, à ses pieds.

Les monastères drukpas du Ladakh suivent tous le bouddhisme drukpa tibétain de Hémis gonpa,
sauf le spectaculaire gonpa de Stakna qui suit les règles du bouddhisme drukpa du Bhoutan.
Tous les monastères drukpas du Zanskar sont rattachés au gonpa de Stakna.
C'est pour cette raison que le "Lama barbu" est aussi représenté à Sani. Toute sa vie est racontée ICI.

Sengge Dongma, la Dakini bleue à tête de lion, a révélé à Padmasambhava le fameux mantra
"om mani padmé houng"
que lui avait confié Avalokiteshvara.
Et la Dakini rouge Yeshe Tsogyal conserva pendant des siècles l'enseignement oral du Bardo Thödol,
le Livre des Morts Tibétain, que lui avait enseigné Padmasambhava.

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Près de Padum se trouve le Phothang du Dalaï Lama.
Autrefois, presque tous les monastères du Ladakh avaient aménagé une chambre pour recevoir le Dalaï Lama.
C'était une pièce décorée de fresques splendides et ornée de statues et de livres où il aurait pu se laisser aller à passer de longues vacances !
Il en a honoré ainsi un certain nombre, ce qui avait incité les autres à tenter leur chance.

Aujourd'hui, le Phothang a tout changé : plus de chambre dans un gonpa, MAIS :
dans les trois grandes vallées du ladakh, les habitants ont construit un beau Phothang pour le recevoir.
Il y en a un à Diskit dans la Nubra Valley, un autre qu'il fréquente le plus souvent à Choglamsar près de Leh,
et un dernier ici près de Padum au Zanskar.

 
Voici, à gauche, le Dalaï Lama pendant ses enseignements,

           et à droite, la foule des fidèles du Zanskar.

C'est uniquement à Padum pour le Dalaï Lama
que l'on peut voir autant de Peyrak,
la coiffe traditionnelle couverte de turquoises
des femmes du Zanskar.

Pendant les enseignements, tous les travaux sont arrêtés car tous les habitants de la vallée se déplacent vêtus de leurs plus beaux habits.
Ces jours là, les monastères sont vides, il ne reste que le malheureux que le sort ou son mauvais karma a désigné pour garder les murs.
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2 - S A N I : le gonpa, le lac, la nonnerie
(toutes les photos sont "cliquables")
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Nous allons maintenant faire le tour de la plaine de Padum dans le sens rituel bouddhique,
c'est à dire le sens des aiguilles d'une montre.

Il faut une bonne heure à pied pour faire les 6 km jusqu'à Sani en empruntant obligatoirement le pont routier sur le torrent peu avant Sani.
Sani Gonpa en 1990 avant que le mur d'enceinte soit rehaussé.
Sani avec le gonpa et le lac sacré, depuis la grotte de Dzong Bhao.
Depuis Dzong Bhao, gros plan sur le gonpa de Sani en 2012.

Sani est le seul monastère du Zanskar à être construit dans la plaine (comme Alchi au Ladakh central).
Les bâtiments actuels datent des XVII-XVIIIème siècles, mais
dans la cour à l'arrière du gonpa, le Kanishka Stupa daté du IIème siècle, fait supposer qu'un temple a déjà existé là, à cette date.

Festivals de Sani :
Les 15e et 16ème jours du 4ème mois lunaire se tient la fête de Khangyur.
Il n'y a pas de danses, seulement des prières auxquelles participent des moines de tous les monastères.
Le 1er jour tous les moines font une longue puja suivie d'une cérémonie de purifiration,
puis le second jour : la puja est suivie par la vente aux enchères de tous les dons des fidèles.
L'argent sera réparti ensuite entre chaque gonpa.
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Les 14e et 15ème jours du 6ème mois lunaire, qui tombent entre le 18 juillet et le 20 août, a lieu la célébration bouddhiste de Naro Nasjal.
(Le jour 15 est le jour de la pleine lune pendant cette période.)

Ce gonpa est rattaché au gonpa drukpa de Bardan lui-même rattaché au gonpa de Stakna au Ladakh,
et ce sont les moines de Bardan qui viennent effectuer ces danses masquées.
Le "Head Lama" du gonpa : Jigme Pema Wangchen est la 12ᵉ réincarnation de Gyalwang Drukpa qui est le chef spirituel de la lignée bouddhiste drukpa.
photos du 16 août 2008 :
Remplacements des drapeaux de prières avant le festivalArrivée des villageoises dans leur tenue de fêteUne vue d'ensemble du public et de la danse des chapeaux noirsLe Head Lama et l'un des moines musiciens
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Avant de pénétrer dans le temple, les 'Zanskarpa' font trois fois le tour du gonpa et passent donc devant le Kanishka Chorten et devant la petite pièce dédiée à Naropa derrière le gonpa.

Kanishka Chorten
Ce chorten, haut de 6m., n'a rien d'extraordinaire, mais il est le plus ancien du Zanskar (IIème s.). Il doit son nom à Kanishka (78-144) qui régna de 127 à 144 sur l'empire Kushan. Né et mort à Peshawar (aujourd'hui au Pakistan), cet empereur s'était converti au bouddhisme et a permis les débuts du bouddhisme en Asie.
Mais ce n'est qu'au 8ème siècle, avec Padmasambhava, que le Bouddhisme s'implanta durablement.
On peut voir un autre "Kanishka Chorten" à Leh dans une cour d'immeubles d'une ruelle montant vers le polo ground. (voir une étude plus complète de Kanishka sur : Wikipédia)

      Naropa (XIème siècle)
Fils d'un roi du Bengale, il rejoint la grande université indienne de Nalanda, dont il devint recteur. Pour parfaire ses connaissances, il rejoint le grand yogi Tilopa qu'il suit pendant 12 ans. Parvenu à l'Eveil, il a ensuite pour disciple Marpa qui fondera la lignée Kargyud du Bouddhisme. (détails : ici, et )
Naropa a médité ici, ainsi qu'à Dzonkhul où l'on garde les empreintes de ses pieds dans la roche !
Sur la gauche de la photo, on devine les personnes qui vont se prosterner devant une petite statue en bronze de Naropa. Elle est recouverte d'un voile qui n'est relevé que la veille (ou le premier jour ?) du festival.

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Il faut maintenant sortir de l'enceinte du gonpa
et la contourner (toujours dans le sens des aiguilles de la montre) pour apercevoir un grand chorten récent, et,
à côté, une série de statues de pierre de divinités disposées en cercle.
La plus grande mesure 2 m. et représente le prochain Bouddha : Maitreya.
La place délimitée par ces statues était autrefois le lieu de crémation des personnes décédées. Ces crémations se font aujourd'hui à l'écart du village.

Le cercle des statues
trop souvent bénies par trop de beurre de yak.
"Tuthot Dechendal Lake",
le lac sacré de Sani,
pêche et baignades interdites.
Devant le lac, Padmasambhava
qui a médité dans une grotte de la montagne en face Sani.

Sur la photo aggrandie du Tuthot Tso, très haut à gauche dans la montagne, on devine une grotte avec une tache blanche à l'intérieur.
C'est dans cette grotte que Padmasambhava a médité pendant plusieurs années.
Elle est encore utilisée aujourd'hui comme lieu de méditation.
L'accès est indiqué, mais très raide. Au retour, la descente vers Tahan est plus facile. (Photos plus loin : "Dzong Bao", après Tungri.)
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Avant de quitter Sani, on peut monter à "Khachod Ling", la nonnerie qui abrite quinze nonnes (en 2011).
Ce "chomo gonpa" ou "ani gonpa", càd : cette nonnerie, est la seule du Zanskar rattachée à la branche "Drukpa Kargyudpa",
c'est à dire celle des "bonnets rouges", alors que les 9 autres nonneries sont "guélugpa", donc "bonnets jaunes".
 
Les nonnes habitent des petites maisons dispersées
près d'un ruisseau.

Un très vieux Lhakhang du 18èmes. rappelle que cet endroit
sTarkhungza (ou Tartsungtse) a servi d'ermitage autrefois.
Il a fallu en consolider les murs, et les travaux
ont détruit une grande partie des vieilles fresques.
Un Dukhang neuf abrite les 21 taras
et les 108 volumes du Kangyur.
Voilà endroit agréable et isolé
où est installé le Chomo Gonpa.
 Une partie des fresques sauvées :
on remarque toutes les coiffes rouges
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En 2005, il n'y a aucun sentier visible pour monter ou pour descendre du Chomo Gonpa.
Chacun peut imaginer sa trace entre les pierres et les buissons pour rejoindre la piste carrossable entre Sani et Dzonkhul.
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3 - D Z O N G K H U L : le gonpa
(toutes les photos sont "cliquables")
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Après Sani, il faut remonter la piste-route le long de la rivière Doda, en laissant le pont de Tungri à droite.
Au village de Trokta, après avoir traversé le torrent une piste carrossable sur la gauche conduit directement à Dzongkhul Gonpa.
La vallée adjacente que l'on remonte permet un trek difficile pour rejoindre Kishtwar (Himachal Pradesh)
en franchissant le col d'Umasi La (5241m ou +?) et son glacier très crevassé.
Si l'on est à pied,
on aura l'occasion de voir plusieurs marmottes
se dorer au soleil sur les pierres chaudes. 
(Dans ces endroits hauts et froids de l'Himalaya,
les marmottes ont une fourrure marron foncé et
une bande noire depuis le nez jusqu'au bout de la queue.)


Le long du chemin on verra quelques manis gravés et
cette divinité faisant le mudra du don avec la main droite,
et tenant une fleur de lotus dans la main gauche.

Dzongkhul gonpa a été construit devant la grotte de méditation de Naropa, ce qui explique sa situation excentrée à l'écart de la vallée principale.
Cette grotte conserve les empreintes des pieds de Naropa et une deuxième grotte abrite une source sacrée.
<-- En cliquant sur cette image, une flèche dans le haut de la falaise indique une troisième grotte qui mérite une visite en récompense d'une rude montée !
Le Mahasiddha Naropa (946-1041, ou 1016-1100), fils du roi du Bengale, devait devenir roi. Mais devenu très tôt un grand érudit, il consacra sa vie - à l'étude dans la célèbre université de Nalanda, puis - à la recherche spirituelle auprès du maître Tilopa.
à relire ici
Toutes les photos sont du 10/08/2009.
La fête de ce gonpa, appelée Dzongkhul Huchot, se tient du 15° au 17°jours du 4°mois. Il n'y a que des prières et pas de danses,
mais on déroule une grande thanka.
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Pour une visite complète de Dzongkhul, avec les statues du temple, et les fresques de la grotte de méditation du haut
il faut voir le blog de Serge Mathieu (04/07/2018).
en voici des extraits : (sans agrandissements)


4 - T U N G R I : la nonnerie
(toutes les photos sont "cliquables")
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En traversant la rivière Doda, on quitte les gonpa et nonneries de la branche Guélugpa, dite des "bonnets jaunes".
On ne verra plus que des gonpas et nonneries de la branche Drukpa Kagyud, dite des "bonnets rouges".
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Depuis Dzongkhul, il faut redescendre vers la vallée et franchir la Doda sur une passerelle ou un nouveau pont routier au niveau de Phey,
ou bien revenir au pont de Tungri et passer en rive gauche de la Doda Chu.
En levant les yeux au dessus de Tungri-village, on aperçoit les bâtiments dispersés de la nonnerie.

La nonnerie "Tungri Phuntsog Ling" est située sur l'emplacement d'un ancien temple fondé par le moine ladakhi Stagsang Raspa (1547-1651).
Il s'est arrêté à Tungri (alors qu'il était en route vers Uddiyana, lieu de naissance de Padmasambhava,) et il y est resté deux ans.
On ne sait pas quand les nonnes ont investi ce monastère,
qui serait le 2ème plus ancien du Zanskar après Rizhing Dorje Dzong.
Vue d'ensemble du petit village de Tungri et de la nonnerie au-dessus.
La nonnerie améliorée en 2012, et encore agrandie depuis.
Avalokiteshvara à 1000 bras et d'autres divinités dans le dukhang.
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Le temple (un des plus beaux du Zanskar !) a éré intégré dans un bâtiment où l'on rentre aujourd'hui dans un couloir
qui dessert à droite une grande cuisine, puis le temple,
et à gauche une salle d'étude et une salle de classe,
et pour finir, au fond, un grand dukhang : salle de réunion et de prières des nonnes.

Voici quelques unes des belles fresques de ce très vieux temple :

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Pour complèter la visite, il y a le blog de Serge Mathieu (06/07/2018).
extraits : (sans agrandissements)
       
Dakini : Yeshé Tsogyal     Avalokiteshvara     Padmasambhava


5 - Entre TUNGRI et KARSHA
Dzong Bhao - Phagspa - Dorje Dzong - Hongshed
(presque toutes les photos sont "cliquables")
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D Z O N G   B H A O
A 4 km de Tungri, toujours sur la piste-route de la rive gauche, on passe devant le village voisin de Tahan.

Juste après Tahan, ce panneau
signale la proximité de Dzong Bhao,
et la flèche sur cette pierre
au bord de la route
indique le départ de l'ascension
vers la grotte.
Noter que les marques
de peinture blanche se lisent :
"dzong.bha.o",
en tibétain

(et en ladakhi).
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Cette montée est raide sur une pente rocailleuse sur la droite d'une barre rocheuse où se cache la grotte.
Il n'y a ni balisage ni sentier, on monte tout droit jusqu'à un court passage dans des rochers, où il faudra sortir les mains des poches.
On pourra même apercevoir la grotte. Il faudra plus d'une heure pour passer au dessus de la barre rocheuse, la contourner et redescendre de l'autre côté.

La grotte de Dzong Bhao et son accès très délicat marqué en pointillés.

Entrée de la grotte
marquée par des drapeaux à prières (tarchok).

Intérieur de Dzong Bhao : grotte à deux niveaux : ici le lieu de méditation toujours fréquenté.
En pénétrant dans la grotte, on découvre un coin cuisine très rudimentaire avec un trou circulaire dans la roche du sol et une louche en laiton, certainement faite à Chiling, qui permet de prendre l'eau qui suinte au fond du trou. Du côté droit, un renfoncement peut servir de chambre.
Ensuite, une échelle permet d'atteindre le second niveau de la grotte.
C'est la salle de méditation : sur l'autel, au milieu des kataks et des lampes à beurre, une petite statue en bronze de PADMASAMBHAVA rappelle qu'il a médité longtemps dans cette grotte.
Depuis la grotte, la vue sur Sani et le gonpa est imprenable. On voit aussi la statue de Padmasambhava qui trône depuis 2014 devant le lac sacré de Sani.
Pour le retour, un semblant de trace plus facile descend en direction de Tahan.
Arrivé dans les champs d'orge et de pois, on s'arrange pour les contourner au mieux pour rejoindre la route (en 45 minutes depuis la grotte).
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P H A G S P A
Après Tungri, la piste est bordée de gravures de divinités, de chortens et de mantras
sur des pierres dressées ou posées sur des murs de manis.
 
chortensAvalokiteshvara
dit : Chenrezi
Boudha
Sakyamuni
les trois chortensAvalokiteshvara
à quatre mains
Avalokiteshvara
à onze faces
chorten
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Voilà un panorama des prochains sites à visiter :

En venant de Tungri et de Dzong Bhao,
on aperçoit d'abord Nangbaphal (1) au dessus de la piste, et au dessus du village, la ferme (2) qui a les clés du temple avec la statue de Phagspa.
Près de Rizhing (4), on prend la piste qui mène à la nonnerie Dorje Dzong (3).
Moyennant un peu de hors piste, on rejoint ensuite Hongschet (5) d'où l'on reprend la route pour Karsha.
(6) est le village de Langmi et (7) une ferme isolée.

(sur la carte, la route Tungri-Karsha est en rouge, les pistes carrossables en vert et les marches plus ou moins hors-pistes en pointillés verts.)

Après Tahan, une longue marche escortée par les gravures de Bouddha, Chenrezi, Padmasambhava, etc., seules ou déposées sur les murs de "mani" amène sous le premier village : Nangbaphal.

Depuis ce village, une trace (qui se perd avec la disparition de la marche à pied) permet de rejoindre la ferme de Nawapal. Le temple est sur leur terre, et quelqu'un viendra avec la clé du temple.

Phagspa Lhakhang est visible un peu plus haut dans la montagne. Il abrite une petite statue en bronze de Phagspa, la parèdre d'Avalokiteshvara. Cette statue a été trouvée par hasard par le paysan en retournant sa terre. Elle est très vénérée, et parfois un bus entier vient ici avec un groupe de fidèles.

(Pas de prix d'entrée, mais un billet bien en vue devant Phagspa suggère que la visite, le déplacement et parfois le thé mérite un don.)

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Phagspa gonpa est un petit temple familial du XIème siècle.
On y voit plusieurs très vieilles thankas, un grand Avalokiteshvara à onze têtes et mille bras peu visible dans le temple sombre.
La petite statue, de 25 cm environ, en laiton ou en bronze de Phagspa reste éclairée par la porte ouverte.

Le petit "Phagspa temple" a été intégré dans une nouvelle construction pour l'abriter et le renforcer. Petite statue de Phasgpa (à 4 mains ?) couverte de bijoux et de malas (chapelets) de perles. Morceau de pierre gravée d'une foule de personnages, vue sur le bord du sentier près du temple. La ferme de Nawapal vue depuis la descente au retour du temple.
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Après cette visite, il faut 2h30 pour rejoindre Karsha à pied,
et une bonne demi-heure pour monter à "Rizhing Dorje Dzong".
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D O R J E     D Z O N G

"Dorjé Dzong" est une nonnerie créée au XIVème siècle par un disciple de Tsonkapa,
le fondateur de l'ordre Guélugpa, dit des bonnets jaunes.
La vieille nonnerie qui n'abritait plus que quelques vieilles nonnes a reçu une subvention du gouvernement et le soutien d'une association.
En 2018, il y a une vingtaine de nonnes, certaines très jeunes qui suivent un enseignement primaire à la nonnerie.
On trouve plus de renseignements sur ces deux sites : ICI , et : LA.

En montant depuis Rizhing village, on pourra souffler quand on verra la nonnerie sous cet angle.

Le nom de ce chorten peut se traduire par "chorten-passage". Il marque l'entrée de la nonnerie.

Sous le chorten, il faudra lever les yeux pour voir ce mandala peint au plafond. (cliquer pour l'agrandir)





Dans le Lhakhang, ces fresques de 2006 ont été minutieusement restaurées une à une et paraissent neuves aujourd'hui.

La cuisine a survécu aux siècles. Le nouveau gurgur en plastique noir est prêt pour préparer le thé salé.

Petit coup d'oeil en arrière en commençant la descente vers Honchet.

La nonnerie possède des terres au dessous des bâtiments et les nonnes sont occupées à ventiler leur orge.
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H O N G C H E T

Rejoindre Hongchet depuis Dorje Dzong est une descente sans vrai sentier.
Il faudra aussi traverser un vallon étroit et humide avec parfois un petit peu d'eau.
 
Dans ce vallon, comme dans tous les endroits humides du Zanskar, poussent les pélargoniums. Cette espèce fait partie de la famille des géraniums. Il existe un très grand nombre d'espèces sauvages et encore plus d'espèces hybridées par les horticulteurs.
Il faut repérer ce petit latho en équilibre sur son rocher,
au niveau des dernières maisons,
tout en haut du village.
Sur le rocher, on voit de très vieilles gravures : deux chasseurs à l'arc
et plusieurs ibex (famille du bouquetin)

En traversant le village, on peut flâner par curiosité et on n'y verra aucun commerce. C'est au-dessous que l'on verra d'autres gravures intéressantes.

Il faut chercher au dessous des habitations (voir photo)
pour trouver cette belle pierre intégrée dans le mur.
On pourra couper l'herbe trop haute, car il n'y a pas de culture là.
Sur la photo aggrandie, cette divinité tient dans la main droite une fleur de pélargonium en guise de fleur de lotus, et dans la main gauche on peut imaginer qu'il s'agit de la fiole contenant l'élixir de vie éternelle.
(Ces deux attributs font supposer qu'il s'agit d'Avalokiteshvara.)

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Noter que cette gravure porte une couronne à trois pointes
qui témoigne de son ancienneté.
Plus tard, les gravures et les sculptures porteront une couronne à cinq pointes.
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En longeant un autre mur de soutènement, on découvrira trois belles pierres représentant trois divinités
presque toujours représentées dans les fresques des monastères.

   
Manjushri, bodhisattva de la sagesse :
dans la main droite, il tient l'épée qui tue l'ignorance,
de la main gauche, il offre le livre de la connaissance.
  Avalokiteshvara, bodhisattva de la compassion,
protecteur du Tibet, des Karmapa et des Dalaï Lama.
Il est représenté avec 2,4, ou 1000 bras et 11 têtes.
(Les sculptures à 11 têtes sont rares.)
    Vajrapani, protecteur du Bouddha.
Doté d'une grande force et de beaucoup d'énergie, il tient les démons à distance. (il a un "vajra" dans sa main "pani" droite.)
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Les pierres : rouge pour Manjushri, (plus ou moins) blanche pour Avalokiteshvara et noire pour Vajrapani, n'ont pas été prises au hazard.
Ce sont en effet les trois couleurs qui sont dédiées à ces trois divinités.
C'est pour cette raison que l'on rencontre souvent au bord des routes, devant des maisons ou à côté d'un temple, un groupe de trois chortens peints aux couleurs de ces 3 divinités et toujours dans le même ordre :
rouge pour Manjushri, blanc pour Avalkiteshvara et bleu foncé pour Vajrapani.
 


6 - K A R S H A : la nonnerie et le gonpa
(toutes les photos sont "cliquables")
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Après ces diversions à Dzong Bhao, Dorje Dzong, et Hongchet, la marche vers Karsha devient reposante sur la piste carrossable
qui sera bientôt une route couverte d'un beau bitume.

La piste passe ensuite au dessus du village de Langmi étalé dans la plaine,
et près d'une minuscule maisonnette au coin du chemin qui descend vers Langmi.
Il faut en faire le tour pour trouver la porte et ... entrer !

. . .
Il s'agit en réalité d'un temple-oratoire dont les 4 murs sont entièrement décorés.
Vue d'ensemble de la pièce dès qu'on ouvre la porte.
On retrouve ici les 3 divinités :
Manjushri, Chenrézig, Dorjepani.
Autres fresques pâles
(améliorées par logiciel).
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  Que l'on vienne à Karsha depuis Tungri ou depuis Padum,  
on passera près d'un grand chorten :
rouge depuis Tungri, et noir depuis Padum.

(En venant de Padum en voiture,
la route contourne une école :
le chorten noir est caché par cette école.)
Le village est partagé en deux par un torrent qui tombe de la montagne dans une gorge étroite.

On voit à gauche sur un petit plateau, la nonnerie "Chuchikjal Khachod Drubling",
et à droite l'imposant monastère guélugpa : "Chamspaling gonpa" (ou Chamling gonpa).

Au pied du gonpa, le vieux temple du village (indiqué par une flèche sur la photo agrandie).
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N O N N E R I E     C H U C H I K J A L     K A C H O T     G R U B L I N G

La nonnerie dans son environnement
et son sentier d'accès.
 
panneau avec quelques dates et quelques renseignements utiles.
 
La nonnerie en 2005.
 
La nonnerie en 2015.
 
Sur le site de la nonnerie se trouve
un vieux temple du XIème siècle
dédié à Chuchikjal
.
Il renferme la statue à 11 têtes.
(chu=10, chik=1, jal=face donc chu-chik-jal = 11 faces. C'est l'autre nom d'Avalokiteshvara
représenté debout avec 11 têtes.
Ce temple est gardé par un vieux moine
qui loge tout près.
Fresque dans le Dukhang
de la nonnerie.
 
Khatchot Grubling
divinité protectrice de la nonnerie.
 
Bouddha qui devait être
bleu à l'origine.
 
Il a donné son nom à la nonnerie :
Chuchikjal Gonpa.
 
Kadampa chorten,
XIème siècle.
Bouddha Sakyamuni,
sous Kadampa chorten.
Mani gravé au bord d'une allée
de la nonnerie.
Très vieille gravure, en témoigne
cette coiffe à 3 pointes.
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Ruines du château au dessus de la nonnerie. Avant de quitter la nonnerie, on peut monter sur la crête au dessus pour voir l'étendue des ruines de ce qui a été un imposant palais. A priori, il n'en reste aucune trace ni écrite ni orale.
Le vieux chorten délabré montre qu'il a connu le bouddhisme, certainement au Xème ou XIème siècle quand Nyima Gyaltsan (cf : panneau) a sculpté le grand Chenrezig à 11 têtes (Chuchikjal) du temple de la nonnerie.
Chorten-passage délabré dans les ruines du château.
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L E     T E M P L E     D U     V I L L A G E

Ce temple ne fait pas partie du monastère et n'est pas géré par les moines.
Les villageois sont chargés de son entretien à tour de rôle.
Tous les matins, l'un d'entre eux vient pour une prière et pour remplacer l'eau des coupes d'offrandes aux divinités.
Le temple du village, c'est ce bâtiment
adossé à la falaise
très bas au-dessous du gonpa.
A l'intérieur, le Lhakhang est protégé
par les gardiens des 4 horizons
comme tous les autres temples.
L'obscurité n'est pas propice aux photos
comme en témoigne ce Padmasambhava
aux couleurs inhabituelles.

Il faut monter sur le toit pour découvrir des quantités de sculptures sur toute la falaise. Il y a aussi un grand Bouddha (Maitreya ?) sur toute la hauteur de la falaise, mais impossible à photographier à cause du bâtiment. On voit seulement sa tête en étant sur le toit.
Voici d'autres gravures intéressantes :
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Pour en voir plus, sur cette page :
Serge Mathieu affiche ses photos du temple du village, des ruines du château au dessus de la nonnerie, et de l'intérieur du temple de Chuchikjal dans l'enceinte de la nonnerie.
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C H A M S P A L I N G     G O N P A
Gonpa de l'ordre Guélukpa des bonnets jaunes construit entre le X° et le XV° siècle et abritant plus de 150 moines.
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La montée au gonpa se fait sur une allée cimentée tantôt en pente lisse tantôt en escaliers jusqu'à une petite place devant un grand bâtiment.
Il s'agit du vieux temple des "mandala" (marqué par une flèche au milieu de la 1ère photo).
C'est ici que les moines réalisent chaque année, avant le festival, un mandala de sable qui sera détruit à peine achevé.
On conserve dans ce temple une pièce rare : un mandala en trois dimensions (photo 4) qui n'est jamais détruit.
Les fresques sont noircies par le temps, les retouches permettent de voir ce qui s'est effacé, mais n'améliorent pas l'esthétique.

 
Vue d'ensemble du monastère. Le vieux temple du mandala. Vieille fresque retouchée. Rare mandala en 3 dimentions
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Après quelques volées de marches entre les cellules,
c'est l'arrivée dans la cour intérieure devant le Dukhang.
 

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Les 28 et 29ème jours du 6ème mois (souvent juillet) du calendrier lunaire tibétain
a lieu le festival de Gustor dans la petite cour du gonpa de Karsha.
Pendant deux jours, ...
 
Autour de la fête, 2015. Danses 2015. Danses 2017. Concentration des chapeaux noirs
avant la danse (2017).
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Après avoir vu beaucoup de moines,
voici quelques photos du public que l'on oublie tellement les danses et les costumes des danseurs nous charment et nous fascinent !
La première photo mérite une remarque : on y voit un cheval, un yak, un bélier et un chien, tous mâles et tous noirs.
Il s'agirait d'un simulacre de sacrifice d'animaux tel qu'il se pratiquait avant le boudhisme.
Pour preuve, on passe sur leur dos de la poudre rouge ... sang.
Ensuite ces animaux sont bénis et ne pourront plus être tués.
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Parmi les fresques peintes sur les murs des monastères,
on trouvera souvent PALDEN LHAMO couleur bleu très foncé assise en amazone sur sa mule couleur claire.
Son visage effrayant a une dentition de carnassier, elle a un troisième oeil sur le front.

La légende qui l'entoure est aussi effrayante :
Le roi des démons, un ignoble mécréant, avait décidé d'éliminer le bouddhisme et tous les bouddhistes.
Palden Lhamo l'épouse pensant le changer. En vain. Elle pense alors qu'un enfant pourrait avoir plus d'effet.
Mais, en grandissant, l'enfant devient comme son père.
Elle décide alors de tuer son fils.

Avec sa peau, elle fait un tapis de selle pour sa mule,
puis apporte son cadavre à son mari.
Celui-ci entre dans une rage folle,
et veut la tuer.
Elle saute alors sur sa mule et s'enfuit.
Il lui décoche une flèche empoisonnée
qui atteint la mule à la cuisse gauche.
Grâce à ses dons, elle peut la soigner
et on peut voir un oeil à la place de la cicatrice.

  Palden Lhamo est la protectrice des Dalaï Lama et des Panchen Lama ainsi que des enseignements de Bouddha :
le Dharma.
Elle est la seule divinité féminine parmi les huit Dharmapalas, les protecteurs et défenseurs du Dharma bouddhiste.
Le gonpa de Karsha affiche deux belles représentations de Palden Lhamo. D'abord, cette statue en bronze qui la représente sur sa mule, et décorée de nombreuses et belles offrandes de colliers, ensuite cette fresque brillante dans le dukhang rénové.
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Il y a dans ce monastère une chose rare et presque inimaginable :
un moine qui s'est auto-momifié.

Cette pratique était répandue auprès des moines du Japon et un peu au Tibet.
Ils mourraient de faim très lentement afin d'atteindre la plus haute forme d'illumination en mangeant uniquement un régime à base d'arbres, ingérant des racines, des noix et des herbes afin d'épuiser complètement leurs réserves de graisse.
Ce processus pouvait durer de plusieurs mois à dix ans, période au cours de laquelle on pensait que
les moines ingéraient des noix vénéneuses de cycadacées et de la sève d'arbre de laque qui facilitaient les vomissements.
Ils éliminaient ainsi l'humidité du corps ce qui dissuadait les insectes carnivores, après la mort.
Au moment de la mort du moine, le corps était tellement dépourvu de graisse et les organes tellement rétrécis que le corps desséché ne se décomposait pas, conservant ainsi sa forme physique et commençant le processus déconcertant de la momification naturelle.

Le chorten dans lequel se trouvait cette momie s'étant trop dégradé, il a fallu enlever la momie pour le remettre à neuf.
Ça s'est passé en 2015.
Ce fut l'occasion d'avoir une photo entière de cette momie désséchée, mais toujours solide et en bon état.
Ces photos se trouvent sur ce site de Serge Mathieu.

Pour avoir plus de renseignements sur ces momies,
il faut aller là


7 - P I S H U
(toutes les photos sont "cliquables")
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En quittant Zangla, on rejoint Pishu en restant sur la rive gauche de la rivière.
Il faut se préparer à une longue marche sous le soleil sur une piste rudimentaire mais devenue carrossable.
En chemin, on apercevra Kumik, Tongdé et Tsazar sur la rive droite, mais on ne verra même pas Rinam, caché au bord de la rivière de notre côté.

Pishu est resté un village authentique vivant quasiment en autarcie.
Les cultures principales sont l'orge et les pois.
On y élève des yaks et une chose plus rare au Zanskar des chevaux.
Pourquoi ? Simplement parce que c'est le seul moyen pour les hommes de gagner un peu d'argent en étant caravaniers (ou horsemen, comme on les appelle ici) pour transporter les bagages des trekkeurs.

Les jours de grosse chaleur sans vent, une forte odeur
de bouse de yak
flotte sur le village.
C'est là tout le combustible nécessaire pour cuisiner été comme hiver.
* * *
En août, les plans de pois ont été ramassés et séchés,
et fin août, chaque famille fait tourner ses yaks sur son aire pendant des heures pour fouler la récolte et extraire les grains des cosses.
La partie en herbe servira de fourrage pour l'hiver.
En septembre, ce sera au tour le l'orge, qui murit plus tard,
de subir le même traitement.
* * *
Sur la photo à droite, on voit la nonnerie au second plan.
* * *
Ce village est à son tour touché par le manque d'eau. Le glacier qui alimentait la cascade a fondu, un canal (la ligne blanche sur la photo de gauche) récupérait le peu d'eau avant qu'elle s'évapore dans la cascade. Aujourd'hui il reste sec. Un autre canal a été creusé dans la roche depuis une gorge en amont, mais il s'assèche lui aussi !
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Avant de quitter Pishu, il faut aller voir la nonnerie Namgyal Choling. La montée est facile. Les bâtiments sont très vieux.
En 2011, date de ces photos, il n'y a que 5 ou 6 très vieilles nonnes. L'une d'elles vient ouvrir la porte du temple, très vieux lui aussi.
Depuis quelques années, de jeunes nonnes sont venues les rejoindre. (à voir sur ce site consacré aux nonneries - ou ici en français.)
Il n'y a pas d'enseignant ici, elles vont donc étudier à la nonnerie de Zangla.

Près du Lhakhang, ce gros bouquet de tournesol offre une tâche de couleur dans cet univers gris et noir de pierre et de vieux bois. A l'abri du soleil brûlant du Zanskar sous des auvents de bois, les nonnes devisent tranquillement, n'attendant aucune visite. Parmi les fresques du temple, on retrouve le trio rouge-blanc-bleu de Manjushri-Avalokiteshvara-Dorjepani. Dans le temple de chaque nonnerie, on a une divinité féminine (peinture ou statue), protectrice du couvent, souvent peu connue.
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E N     R O U T E     P O U R     Z A N G L A

Pour rejoindre Zangla, il faut traverser la Zanskar River.
Pour cela, on peut revenir sur nos pas et emprunter la passerelle qui rejoint la route Padum-Zangla,
ou bien continuer en rive gauche jusqu'à Pidmo et passer le pont pour arriver directement la nonnerie de Zangla.

• Par la passerelle de Pishu   (en moins de 3h)
Il y a une passerelle à cet endroit depuis très longtemps, mais l'originale n'existe plus. En 1976, Michel Peissel a eu la peur de sa vie quand il a dû emprunter cette passerelle de 70 ou 75 m, faite de branches de saule et de tiges d'églantier. ( Roger Charret l'avait encore empruntée en 1979, mais elle n'était plus utilisable en 1990.)
Pour aller de Pishu à Zangla
en 1976, Michel Peissel fut obligé de l'emprunter pour aller rencontrer le roi du Zanskar à Zangla.
Grâce à la piste de Kargil, achevée en 1989, des camions ont pu apporter des câbles et du bois pour construire cette nouvelle passerelle.
La nouvelle passerelle fut restaurée rapidement après la forte vague du 7 mai 2015 causée par la rupture du barrage de Marshung, en amont de Phuktal.
• Par le pont de Pidmo   (en 6h)
Pidmo est un hameau sans attraction touristique, sur le trek entre Padum et Lamayuru. Il est relié par un pont routier à la nouvelle piste Padum-Lamayuru sur la rive droite de la Zanskar Chu. En 2024 (?) cette piste bifurquera après Lingshed pour rejoindre Chiling, puis la route de Leh près de Nimu.
On trouve ces métiers à tisser dans tous les villages du Ladakh et du Zanskar.
Ce yak doit être puni (ou malade) pour être enfermé seul dans cet enclos au milieu du village
Ici, c'est un enclos avec les mangeoires pour les yaks, et deux plus hautes pour les chevaux.

La passerelle à gauche a été emportée le 7 mai 2015. Les photos suivantes de 2017 montrent la construction d'un solide pont routier. La traversée était plutôt acrobatique pour les piétons à cette date. On voit une partie de l'ancienne passerelle,qui a été suspendue provisoirement sous le pont en construction.
Le nouveau pont a été inauguré le 20 janvier 2021.
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8 - Z A N G L A : la nonnerie et le palais
(toutes les photos sont "cliquables")
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Après avoir franchi la passerelle de Pishu ou le pont de Pidmo, il faut aller voir la nonnerie "Byangchub Choling", première visite près de Zangla.
(à voir sur ce site consacré aux nonneries - ou ici en français.)
Depuis Pishu, il faut traverser le village de Zangla, et depuis Pidmo, la piste passe au pied de la nonnerie avant d'arriver au village.
A l'extrême gauche, la nonnerie sur la pente. A l'extrême droite le fort sur un piton. Au centre : Zangla.
Depuis la montée au fort (ou palais, au choix !), vue du village avec la nonnerie au second plan.
La nonnerie et sa "Tourist Guesthouse" (en construction en 2017) très confortable aujourd'hui.

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Dans cette nonnerie, il y a une chose qui mérite aussi une visite, c'est le vieux temple.
Après avoir demandé la clé, tout ce qu'on pourra y voir a été photographié sur ce site.
Au sujet de la nonnerie :
Après la réfection de la cuisine qui prenait l'eau de toutes parts, et celle de la salle de réunion et de prière (dukhang), les conditions de vie des nonnes s'améliorent. Les nonneries vivent essentiellement des dons des familles et de celles des visiteurs. Mais elles reçoivent très peu de visites.
La nouvelle "tourist guesthouse" gérée par les nonnes est à l'écart du village et reçoit peu de "touristes".
Elle est pourtant très confortable avec électricité, toilettes et douche chaude.
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E R M I T A G E S   d e   P H I L A P H U G
 
Voilà une curiosité qui n'est pas signalée, qui n'a pas de chemin d'accès,
mais qui mérite une visite à condition d'accepter de faire quelques pas sur des pentes caillouteuses.
 
Ces ermitages sont abandonnés depuis longtemps.
Au début, ce devait être de simples grottes, ensuite des murs ont été batis devant ces grottes pour les protéger, et peut-être avoir une pièce pour faire du feu.
Comme aucun panneau ne les signale, la carte (clic à droite) permet de les localiser. On peut aussi deviner quelques ruines depuis la piste entre Zangla et la nonnerie.
En grimpant dans cet amas de roches friables, on trouvera 6 ou 7 ermitages.
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... aperçu de l'état délabré de quelques pièces encore décorées ...
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... divinités qui ont résisté au temps ...
 
Avalokiteshvara debout
8 bras, 11 têtes
mala main D, lotus main G
Manjushri
épée qui tue l'ignorance
+ livre de la connaissance
Mahakala, le grand noir
(à confirmer)
Avalokiteshvara assis
4 bras
mala main D, lotus main G
Bouddha Sakyamuni
avec ses deux premiers disciples
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... quelques fresques sur les murs d'abris en ruines ...
 
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... avant de partir, on peut s'attarder sur une dernière curiosité ...
 
Dans une minuscule grotte presque enterrée au sous-sol, on peut voir
un  chorten  toujours  entretenu,
seul signe de vie dans ces ruines
.
Sur la photo de gauche, en 2011,
on voit quelques "ts'a-ts'a" sur les marches du chorten. A droite, en 2018, il y a beaucoup de "ts'a-ts'a".
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  TS'A-TS'A  
(prononcer ts'a-ts'a, légèrement expiré)
Les moines prient pendant plusieurs jours, avant que le corps du défunt soit amené et déposé
dans un "rokhang"      pour y être brûlé

Les moines commencent alors une longue cérémonie de prières au cours de laquelle
ils bénissent des graines, des huiles et des herbes
que des assistants jettent dans le feu.
Le quatrième jour, le rokhang est vidé, nettoyé et repeint. Les moines fabriquent des "ts'a-ts'a" : petits chortens ou moulages de divinités, faits avec un fragment d'os pulvérisé du défunt, mélangé à la poussière de cinq métaux et à de l'argile.
Ces rituels très précis sont détaillés dans "Death customs in Ladakh" de Martin Brauen.

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Z A N G L A   V I L L A G E
 
Pour rejoindre le fort perché, visible de toutes parts, on passera près de chortens et de moulins à prières avant d'arriver sur la place du village de Zangla :
aucune boutique mais quelques guesthouses à l'accueil toujours chaleureux, et,
sur la gauche, un gros bâtiment.
Aux deux extrémités, se trouvent les habitations de deux descendants du roi, et au milieu un temple privé qui garde les plus beaux et vieux vestiges (statues, tankas, ...) sauvés du vieux palais perché.
Les locaux appellent ce bâtiment : "new palace".

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O L D   P A L A C E    " K H A R K O N G M A "

La montée au vieux palais se fait par la piste carrossable ou bien par un raccourci qui donne l'occasion de passer tout près des nombreux chortens.
Le nom peu utilisé du palais.
Le palais se rapproche.
Coup d'oeil vers Zangla.
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Le palais était en très mauvais état au début des années 2000, jusqu'à ce qu'une équipe de Hongrois revienne pendant plusieurs étés le remettre en état.
Pourquoi restaurer un palais en ruines si loin de leur pays ?
Parce qu'un Hongrois, dont la vie est résumée plus bas, a passé plusieurs années ici à Zangla (et aussi à Phuktal)
pour apprendre le tibétain et rédiger le premier dictionnaire et la première grammaire de tibétain.
Ce bâtiment est devenu un monument à sa mémoire !
 
façade du palais en 2005façade du palais en 2012entrée du palais en 2005.entrée du palais en 2017.
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Ces deux photos montrent l'état du toit en 2005, puis en 2012.

Le hasard a voulu que les photos de 2012 soient prises le 20 août 2012,
jour de l'inauguration du palais restauré,
en présence de l'équipe hongroise,
avec la bénédiction des moines.
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Avant la restauration, l'intérieur du palais était presque ausi délabré que le toit,
et la montée dans les étages au sol perforé, par des échelles bancales, ou des troncs d'arbre entaillés comme les échelles tibétaines
était une appréhension de chaque instant.
Et tout en haut de ces ruines : la seule porte du bâtiment.
En la poussant, on restait sidéré devant dix statues de divinités couvertes de kathaks.
Spectacle inimaginable ici
que cette chapelle toujours entretenue avec ses lampes à beurre et son odeur de cire.
Après la restauration, on retrouve les divinités et les objets religieux de la chapelle
protégés de la poussière et de la fumée des lampes et des bougies
 
                                                     
Dans ce décor, l'accueil est moins chaleureux, mais l'ensemble survivra plus longtemps.
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Voici quelques détails sur le passage au Ladakh de
Alexandre Csoma de Körös
ou Sándor Kőrösi Csoma
27 mars 1784 naissance à Körös (Hongrie)- 11 avril 1842 mort de la malaria à Darjeeling (Inde)

Obsédé par la recherche de l'origine de la langue hongroise, sans aucun équivalent en Europe, il quitte Ayud (Roumanie) en novembre 1819 et parcourt : Bulgarie, Egypte, Liban, Irak, Iran, Ouzbekistan, Afghanistan, Pakistan, avant d'arriver à Srinagar (Khashmir) le 18 mai 1822.
Il rencontre là William Moorcroft qui le persuade de commencer par étudier le tibétain.
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Le 19 juin 1823, il est à Leh, et le 26 juin à Zangla où
il est reçu par les moines hébergés au Palais de Zangla
(le "Old Palace" aujourd'hui).
Il travaille jour et nuit, aidé par un moine. En octobre 1824, il rend son rapport aux Anglais à Sabathu (HP).
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L'été 1825 le revoit au Zanskar et en novembre 1825, il s'installe au gonpa de Phuktal
où il (?) laisse cette pierre :

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Il est à Kanan (Kinnaur) en été 1827, et rédige une grammaire tibétaine jusqu'en octobre 1830.
En 1831, il se rend à Calcutta avec
le premier dictionnaire tibétain-anglais et la première grammaire tibétaine qui seront publiés en 1834.
Il fait l'analyse du Khangyur (108 volumes) et du Tangyur (225 volumes) qu'il publie en 1836.
Ensuite, il parcourt l'Inde et apprend l'Hindi, le Sanskrit, le Bengali, le Marathi, et devient bibliothécaire à Calcutta. Il lit et écrit alors 20 langues.
Il démissionne en mai 1841 pour rejoindre l'Asie Centrale et reprendre sa recherche du hongrois.
Il part le 9 février 1842, mais s'arrête à Darjeeling touché par la malaria. Il y meurt le 11 avril.
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(ces infos sont extraites de : Ce livre, p:73, et de : wikipedia)
(à savoir : le nombre d'accès au livre est limité (à : ?), puis il n'y aura que des pages blanches sur ce sujet.)

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C H O R T E N    S E C R E T     e t   R U I N E S    d e    M A L A K H A R T S E

Une longue promenade dans la montagne est nécessaire pour compléter la visite de Zangla.
Voir de loin les ruines de la forteresse est assez facile,
mais apercevoir le chorten parmi toutes les concrétions argileuses ou calcaires demandera plus de perspicacité
ou même l'aide d'un habitant.
Pour cette promenade, nous remontons vers
le "Old Palace"
en empruntant le raccouci,
comme les chevaux, pour aller voir de près la
ligne de chortens.
Passé le palais, on voit un shangdong
c'est à dire : un piège à loup !
On y met un mouton...que le loup ira chercher.
Les bords incurvés l'empêcheront d'en sortir,
et il sera tué à coups de pierres.

Cette pratique disparaît car le loup tibétain a été déclaré :"espèce protégée en voie de disparition". Il resterait environ 500 loups au Ladakh.
On compte 94 "shangdong" dans le district de Leh, et seulement 30 ont "fonctionné" depuis dix ans.
Des groupes d'assurance locaux indemnisent les familles dont un animal a été tué par les loups.
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Passé le palais, la piste devient un sentier
qui descend
jusqu'à un canal.

Là, on aperçoit un "doksa" de l'autre côté
de la rivère. C'est le lieu de transhumance
du village, avec un parc pour abriter le
 
troupeau et des cabanes pour les bergers.
(Ici, les familles se relaient chaque semaine
et chaque famille a sa cabane !)
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La différence entre un transhumant et un nomade ?
Le transhumant est un berger qui vit l'hiver dans son village, puis, quand l'herbe a suffisamment poussé, amène son troupeau dans la montagne.   
Le nomade est un berger qui vit toute l'année dans la montagne, en se déplaçant d'un endroit de pâturage à l'autre avec sa tente et son troupeau.
Au Ladakh, on les rencontre sur les plateaux du Chang Thang et du Rupshu. Ils changent de camp chaque mois.
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La marche se continue à plat sur le rebord du canal
jusqu'à la prise d'eau dans la rivière.

C'est à partir de là qu'il faut se déchausser
pour traverser la rivière, puis marcher sur les galets
de l'autre rive pour continuer à avancer.
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Après une marche facile le long du canal, la traversée de la rivière, et la marche sur les galets, on découvre le pilier rocheux qui porte les ruines de la forteresse.
Avec un bon zoom, on peut approcher ce pilier vertigineux et voir les ruines sur le sommet. On imagine alors les difficultés des bâtisseurs pour monter ces tonnes de pierres.
L'accès aux ruines, par la gauche, demande des qualités de grimpeur de bon niveau. Monter la grande butte dans les éboulis de pierres est aussi très difficile, mais possible.

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Et quelque part dans les fissures, les éboulis, les ravins des pentes sur la gauche,
il y a le "chorten secret" de Malakhartse !
Depuis le bas,
il se confondait avec les concrétions.
C'est en grimpant
qu'il finit par se détacher sur le ciel.
La surprise se dévoilera
après être arrivé.
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Et voici les vues de dessus :
En agrandissant la photo de droite,on voit un empilement de 3 pierres le "chorten secret"
qui n'existait pas avant : quelqu'un est donc passé par là ! avant et après réparation du toit
photo du 19/09/2018 Quentin Devers en 2010 Serge Mathieu en 2018
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On pourrait penser que l'adjectif 'secret' qui sert à nommer ce chorten, s'applique à la difficulté de le découvrir.
En réalité, on devine très vite que le véritable secret, ce sont les peintures que l'on découvre à l'intérieur ?
(Toutes les photos qui suivent appartiennent à Serge Mathieu et sont visibles sur son blog)

déesses : Pushpa et Mala déesse : Dipa

La forteresse en ruine date du Xème siècle, le chorten et ses peintures datent du XIème siècle.
Les couleurs de ces peintures ont été un peu saturées pour être présentables.
Les mêmes photos sont aussi visibles sur ce site
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9 - s T O N G D E gonpa
(toutes les photos sont "cliquables")
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Sur la route de retour vers Padum, il reste à voir une curiosité à Tsazar et une belle visite à faire au gonpa de Tongdé.
(Au Zanskar, le "s" initial ne se prononce pas, donc "Stongde" se prononce "Tongde",
même chose pour (s)Tagrimo à Padum,
et par la même occasion, cette précision : le "e" se prononce toujours "é".)

 
A r r ê t   à   T S A Z A R,  s u r   l a   r o u t e   d e   T o n g d e :
 
<-- Ce fier chorten sur le bord de la route signale le hameau de Tsazar en contrebas,
côté rivière.

Une rapide descente à pied permet de voir quelques grandes maisons inattendues
dans ce minuscule village, et surtout
le discret et très vieux petit monastère
que l'on est venu voir.
 
Le monastère a deux salles :
• la nouvelle comprend une vitrine avec des statues de Sakyamuni, ainsi qu'une fresque avec Chenrezig à 2 bras et à 1000 bras,
• l'ancienne très sombre abrite le vieux.  .  .
<-- chorten construit par Padmasambhava, rendu informe par les innombrables couches de chaux dont on l'a couvert au fil des siècles.
On voit aussi une thanka d'Avalokiteshvara
à 8 bras et 11 têtes
.

P A D M A S A M B H A V A
(couramment appelé Guru Rinpoche par les tibétains et les ladakhis)
Ce maître bouddhiste vénéré comme un second Bhouddha a vécu au VIIIèmes. (717?-762?).
Sa vie est connue par une longue et riche légende : trouvé dans le lac Dhanakhosha sur une fleur de lotus
(d'où son nom sanscrit : padma = fleur de lotus, et sambhava = né de)
dans la vallée de Swat, aujourd'hui au nord du Pakistan, il fut aussitôt adopté par le roi.
. . .
Plus tard, on le retrouve dans l'Himachal Pradesh à Rewalsar, près de Mandi.
Il a beaucoup étudié et beaucoup appris, et diffuse les enseignements de Bouddha partout où il passe.
Là, il a comme disciple la princesse Mandarava, fille du roi de Mandi, qui, irrité par cette dévotion,
ordonne de les brûler.
Le bûcher en feu se transforme alors en lac : la légende du lac (tso) du lotus (péma) est née !


Ce lac sacré est l'objet de pèlerinages pour les bouddhistes autant que pour les Sikhs et les Hindous.
. . .
Sa renommée atteint le Tibet, et le roi l'invite à Lhassa et lui offre sa femme, la dakini "Yeshe Tsogyal".
Il devait exterminer les démons qui hantaient le pays, mais au lieu de celà,
il les convertit et en fait les protecteurs du Dharma.
Il crée ensuite le premier monastère bouddhiste à Samyé, qui reçoit ses premiers disciples.
Les tenants de l'ancienne religion Bön combattront longtemps ces nouveaux bouddhistes.
(Ce résumé est un mixage des articles de Wikipedia et de Omalaya Travel)
Au Tibet, Guru Rinpoché connut une forte popularité, forma des lamas et eut beaucoup de fidèles.
Excédé, un prêtre de l'ancien culte Bonpa le tua, et brula tous ses documents : textes rares et traductions.
Il fut arrêté et décapité. (extrait de "La dernière fois que j'ai vu le Tibet", 10/1975, de Bimal Deh)

Tsazar est à quelques km de Tongdé. La route est parfaitement plate, couverte d'un bel enrobé digne de nos plus belles autoroutes.
. . .
Cette route a été faite pendant l'été 2019, dans le but de rejoindre le pont de Nyerak, pour franchir la Zanskar River.
Après le pont, on peut prendre deux directions :
- soit on passe le Kiupa La (4400m), le Singge La (5060m), Photoksar, le Sirsir La (4805m), Wanla puis Lamayuru, ou Khaltse pour aller à Leh.
- soit on suit la rive gauche de la Zanskar River jusqu'à Chiling ...........(le creusement de la route dans la falaise sera terminéé en 2023 ou 2024.
. . .
T O N G D E   G O N P A
 

Ici aussi on verra un grand chorten : noir ou ocre.
Le gonpa est perché dans la montagne au dessus du village dont les maisons encerclent les terres cultivables.

 
Gros plan sur le temple principal et sa vue privilégiée sur la vallée.
paysage depuis le gonpa avec Karsha à droite.
Plaque précisant l'origine et l'histoire du monastère.
. . .
Visite rapide à l'intérieur du monastère.
Mahakali Palden Lhamo est la divinité principale de ce monastère, et un temple (souvent fermé) lui est entièrement dédié.
Un autre temple : Tsokkhang est décoré de très belles peintures de divinités.

(s)TONGDE GONPA (3791m)
a été fondé vers 1054 par le Lama MARPA de la lignée Karma Kagyu et le gonpa s'est appelé Marpaling.
(Depuis le XVème siècle, le gonpa est rattaché aux bonnets jaunes guélugpa et s'appelle : "Lekshedling".)
Pour info :
La lignée Karma Kagyu, dont tous les enseignements sont transmis oralement,
commence avec le grand yogi indien Tilopa (988-1069),
qui a pour disciple Naropa (1016-1100), qui a pour disciple MARPA (1012-1097),
qui a pour disciple Milarepa (1053-1135), qui a pour disciple Gampopa (1079-1135),
qui a pour disciple le 1er Karmapa, Dusum Khyenpa, (1110-1193),
dont toutes les réincarnations se succèdent jusqu'à l'actuel :
17ème Karmapa, Orgyen Trinley Dorjé, (né le 06/05/1983).
Il vit actuellement au monatère de Gyuto, près de Dharamsala.
source Internet : lignée Karma Kagyu

FESTIVAL Gustor les 18ème et 19ème jours du 5ème mois lunaire.
(Ici 12 et 13 juillet 2017)
 
Tous les habitants des villages des environs, et d'ailleurs, sont là très tôt pour la fête : peu le 1er jour et tous le second jour.
On voit toutes les femmes portant le bonnet de laine marron typique du Zanskar (topi).
Le célèbre "Peyrac" très lourd et difficile à porter
n'est quasiment plus porté pour les fêtes religieuses
mais seulement à l'occasion des fêtes folkloriques pour distraire les touristes (festival de Leh)
ou bien pour la visite du Dalaï Lama (comme on l'a vu plus haut à Padum).
 
Les danseurs descendent sur la piste..
. . .
jour 1: 12/07/2017
jour 2: 13/07/2017
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Il y a d'autres choses qui méritent d'être vues, car le monastère comporte de nombreuses salles sur plusieurs niveaux.
Parmi elles, un temple est entièrement consacré à Palden Lhamo. Il est ouvert le jour du festival,
et un autre est consacré à MARPA, le fondateur du premier temple.
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Dans le gonpa, on a pu voir cette très belle statue de Chenrezig
avec 13 têtes et mille mains.
 
Pendant le festival, un yak a été amené dans la cour du gonpa pour être béni. Un mauvais moment à passer, mais ensuite il restera libre jusqu'à la fin de ses jours.
On voit deux très vieilles statues de pierre
(dont celle-ci) en montant au monastère par la piste qui contourne la colline.
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Pour achever ce circuit, il ne reste plus qu'à revenir à Padum.
Après 2 km, la route passe sous le village à moitié déserté de Kumik, déserté à cause du manque d'eau.
Une partie des habitants a quitté le village pour reconstruire leur maison au bord de la rivière Lungnak.
Ceux qui n'ont pas les moyens de reconstruire restent au village où le ruisseau est sec autant que les terres devenues incultes.
Après avoir traversé la rivière,
la route longe le village de Pipiting et son très grand chorten
  dressé au sommet d'un monticule conique qui semble artificiel.  

En sortant de Pipiting, on entre dans la banlieue
de la nouvelle ville de PADUM,
celle des hôtels et des restaurants !