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 Découverte des paysages et des villages

 Le Khardong La (17583 pieds, 5359 m).

 Du sable et des galets - Diskit - Hunder - Turtuk.
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 . . .


Généralités.

La vallée de la Nubra est le point le plus au nord de l'Inde, à 2500 km du cap Comorin, l'extrémité sud de l'Inde. Cette large vallée à fond plat est à 3000m au dessus du niveau de la mer, soit 500 m de moins que la vallée de l'Indus à Leh. Les températures y sont aussi plus élevées.

Son surnom de " Vallée Interdite" vient du fait que l'armée a interdit tout accès à quiconque jusqu'en 1995 pour deux raisons :
1 - il a fallu arrêter l'armée chinoise à l'est qui après avoir envahi le Tibet, a aussi envahi les hauts plateaux ladakhis du Chang Thang,
2 - il faut arrêter l'armée pakistanaise à l'ouest qui après avoir envahi le Baltistan et une partie du Cachemire, occupe la basse vallée de la Shyok et le glacier du Siachen dans la haute vallée de la Nubra.
Aujourd'hui, son ancien nom de "forbidden valley" n'a plus lieu d'être car toute la partie habitée de la vallée a été progressivement ouverte aux visiteurs en 1997, 2006, 2010 et totalement depuis 2017.


enfants faisant la lessive carte de la Nubra jeunes filles à Sumur
carte d'ensemble de la vallée et de ses voisins . . . . . . . . . . :

1 - La Plus Haute Route du Monde ?


Au départ de Leh, à 3515 m, la route s'élève dans le paysage désertique propre à tout le Ladakh. Elle va monter jusqu'au Khardong La ("La" = col) qui culmine à 5359 m. (photos du 30 août 1997)


Depuis le col, on aperçoit la chaîne de Stok enneigée, mais c'est dans la montée avant le col que l'on a les plus belles vues sur Leh et la vallée de l'Indus.

Au col. une courte pause permet de prendre une photo et de boire un thé chaud. Mais, à cette altitude, certains préfèrent revenir s'asseoir dans le bus en espérant qu'il reparte le plus tôt possible. Le mal des montagnes, ou mal de l'altitude, provoque des maux de tête qui heureusement disparaissent dès que l'on perd de l'altitude.


C'est ensuite la longue descente vers la Nubra. Malgré son altitude, ce col reste praticable toute l'année, car les chutes de neige sont ici très faibles à cause de l'extrême sécheresse de l'air, et aussi parce que l'armée en a besoin pour ravitailler les troupes qui gardent la Ligne De Contrôle avec le Pakistan. Il ne reste jamais fermé plus de deux ou trois jours.

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2 - Déserts et Chameaux - Vallée de la Shyok.

La chaîne du Karakoram sépare la Nubra des grands déserts d'Asie centrale : Taklamakan et Gobi. Mais déjà on peut traverser de petits déserts de pierres ou de sable. Le col du Karakoram (5600 m) est le seul col qui sépare la route de la soie du Cachemire. En effet, il suffit de suivre la Nubra puis la Shyok pour arriver au Cachemire sans franchir d'autre col.

Après 6 heures de route (pauses comprises), le bus roule enfin à plat au fond de la vallée au milieu d'un surprenant désert de sable et de galets. (photo : 01/09/1997)
mini désert de sable près de Diskit
Quel plaisir de faire quelques centaines de mètres à plat et sans secousses !
Cet endroit est le confluent de deux rivières : la Siachen river et la Shyok river, toutes deux issues des glaciers du K2 (le 2ème sommet du monde à 8611 m.). (photo : 03/09/2006)
Jusqu'en 2010 les chameaux ont vécu des jours tranquilles sur le sable de la Nubra. L'afflux de touristes a donné des idées à certains, et les chameaux sont aujourd'hui au travail. (photo : 31/08/1997)
'frontières fermées' = chômage forcé, au soleil, dans le sable

Quand la Chine a envahi le Tibet en 1950, elle a aussi envahi la région désertique du Sinkiang au nord du Karakoram. Toutes ces frontières se sont brusquement fermées, et les caravanes qui étaient en route sont restées bloquées au retour au pied du Karakoram. Les magnifiques chameaux de Bactriane n'ont jamais pu rejoindre le désert de Gobi.


photo : 12/08/2010.

photo : 31/08/1997.

photo : 31/08/1997.

Vallée de la Shyok river.

Les deux rivières Shyok et Nubra prennent leur source au pied du glacier du Siachen dans deux vallées parallèles. Elles coulent d'abord vers le Sud-Est et viennent buter sur la chaîne du Ladakh où elles changent totalement de direction et descendent vers l'Ouest, vers le Pakistan. La rivière Nubra se jette dans la Shyok un peu en amont de Diskit.

2.1 - Diskit.


rue de Diskit Ce doit être '1' mile nautique ! le monastère (gonpa) perché de Diskit
Ces deux villages sont situés à l'endroit le plus large de la vallée de la Shyok, au pied de la montagne à l'écart de la rivière. Diskit, ville principale de la vallée, est protégée par un beau monastère (de l'ordre gelukpa) perché, dont l'accès est jalonné par une kyrielle de 108 chortens.
Les maisons sont très dispersées et les rues sont en fait des chemins bordés de buissons épineux larges et serrés. POURQUOI ? parce que chameaux, chevaux, yaks, ânes, chèvres et moutons vivent en totale liberté, et ces haies d'épines protègent les jardins et les champs de céréales de tous ces voraces brouteurs. (photos du 31/08/1997)
rue de Hunder chemin dans la banlieue de Diskit la vallée de la Shyok vue du gonpa

2.2 - Hunder.

La nouvelle ville de Diskit s'est reconstruite à 1 km de l'ancienne pour créer de nouveaux commerces et de nouveaux hébergements, mais le cadre de Hunder (voir ci-dessous) bien plus vaste attire la majorité des touristes non seulement pour ses chameaux mais aussi pour ses guesthouses et ses campings au milieu des arbres.
Un très grand choix d'hôtels, de guesthouses, homestays et campings est proposé à l'entrée du village ! ===>
Avec un habitat dispersé au milieu des arbres, Hunder a supplanté Diskit dans l'offre d'hébergements.
photo : 12/09/2013
Vestiges des remparts ponctués de tours rondes ou carrées au fort de Hunder.
photo : 12/09/2013
Rocher près de la rivière avec deux gravures de Bouddha que les locaux disent "naturelles".
photo : 12/06/2006

2.3 - Route Hunder-Turtuk.


Au bout de Hunder,la route franchit le pont qui a enfin été autorisé aux touristes en 2010. A Thoïs, on longe l'aéroport militaire d'où l'armée ravitaille ses troupes sur le glacier du Siachen, puis la route traverse Skuru, village à l'habitat dispersé dans la verdure entre la route et la Shyok river. Le grand pont suspendu sur la Shyok que l'ont aperçoit ensuite permet de se rendre à pied au village de Udmaru vers la gauche ou bien à Zangpo Chosling gonpa perché à droite.
Plus loin, la vallée se resserre, la route s'écarte de la rivière, monte au milieu de gros blocs rocheux passe sous le village invisible de Changmar puis redescend pour passer en rive droite sur un grand pont. Pour franchir un passage étroit, la route doit négocier une grande bosse pour retrouver la vallée.
On change alors de région pour entrer au Baltistan, un tout petit bout de Baltistan que l'armée indienne a reconquis lors d'un conflit en 1971.

Rappel d'Histoire : Le 15 août 1947, lors de l'indépendance et de la partition de l'Inde et du Pakistan, le Maharadja du Cachemire a refusé d'être intégré à l'Inde. N'ayant plus d'accord à respecter avec les Anglais, il a repris sa place de Maha (=grand) -Radja (=Roi) du Cachemire. Deux mois plus tard, en octobre, le Pakistan aidé par l'Afghanistan, envahit le Cachemire sous le prétexte qu'il y avait une majorité de musulmans et donc qu'il devait revenir au Pakistan.
Sans armée, le Maharadja demanda l'aide de l'Inde, qui réussit à stopper l'armée Pakistanaise sans la faire reculer. Le Cachemire est depuis partagé en deux et l'accès au Baltistan qui fait partie du Ladakh, tout au nord-ouest le long du Karakoram, a été bloqué. Les villages de Chalunka, Turtuk, Tyakshi et (Pacha)Thang sont alors devenus Pakistanais, en même temps que tout le reste du Baltistan. Lors du conflit de 1971, l'Inde a reconquis seulement ces quatre villages.


Après ce passage étroit, le prochain village s'appelle Bogdang. Il n'avait pas été pris par le Pakistan, comme ses proches voisins, mais ils étaient devemus musulmans, et Bogdang le devint aussi. Mais tous continuent à parler Balti, une langue dérivée du Tibétain, comme le Ladakhi. Bogdang n'a pas de guesthouse, n'a pas de TV et n'écoute pas de musique. Le coeur du village se trouve sur un plateau au-dessus de la route. Après Bogdang, la route revient sur la rive gauche de la Shyok en franchissant "Pionneer Bridge". Ce pont a été la limite de la Line Of Control (LOC) entre l'Inde et le Pakistan de 1947 à 1971.
On laisse à gauche la Tébé Vallée, toujours interdite au tourisme, puis le village de Chalunka sur un long et étroit plateau de l'autre côté de la rivière, pour arriver à :

2.3 - Turtuk - Tyakshi.

En se promenant dans les ruelles de Turtuk, on verra ce panneau qui résume l'histoire ancienne du village. Voici un résumé de ce résumé :
Turtuk était autrefois habité par une tribu aryenne appelée : Brokpa, dont il reste les ruines du fort dans la montagne. Vers le 7-8°s. des troupes probablement d'Asie centrale s'emparent de Turtuk en tuant le roi et une partie de l'armée. Une grande partie de la population s'enfuit de l'autre côté de la montagne à Dah, Hanu, Biama, Gharkun et Darchik.
La religion que suivent les Brokpas est peu connue, mais les envahisseurs étaient des disciples Bön. La population suivit cette religion Bön jusqu'à l'arrivée du grand érudit Hamadan au 15°s. Il convertit une grande partie de la population à l'Islam Soufi Noorbakshia.


Turtuk Farol

Au bout de la route,Turtuk est un village assez étendu, composé de trois parties.
En arrivant, sur la gauche au-dessus de la route, le grand plateau s'appelle Turtuk Farol, et la plaine à droite au bord de la Shyok river s'appelle Turtuk Chuthang. Après quelques centaines de mètres, la route traverse un torrent, on est alors à Turtuk Yul.

Ce torrent partage en plus Turtuk dans deux branches de l'Islam : les habitants de Turtuk Farol sont Soufis Noorbakshias, et ceux de Turtuk Yul sont à 90% Sunnites.

Impossible de passer sans céder à leur revendication : une photo. (02/10/2010) Toits des maisons du vieux village (photo : 02/10/2010). Jolie cascade d'accès difficile et très dangeureux (photo : 17/08/2011).

Turtuk Yul


Une ruelle du village le 02/10/2010, un champ de sarrazin en fleurs le 10/09/2013, le sourire d'une écolière le 18/08/2011 et le minaret de la mosquée le 03/10/2010.

Tyakshi

A 7 km de Turtuk, Tiakshi est un petit village tout en longueur, avec une seule rue droite bordée par des maisons de pierre sans toit. La route longe ces maisons à l'extérieur.
Une particularité de ce village est que les habitants ne possèdent rien ! En effet, lorsque les autorités ont fui en 1971 devant l'armée indienne, elle ont emporté tous les documents administratifs. Les terres sont cultivées et les maisons sont habitées par des gens qui n'ont aucun titre de propriété ! Ils ne peuvent donc ni acheter ni vendre une chose qui ne leur appartient pas, ou plutôt dont ils ne peuvent pas justifier la propriété.


Il n'y a pas de gymnase ici, mais une paroi d'escalade où sont signalées les voies d'ascension et celles pour les descentes en rappel.
photo : 06/08/2018.
Le 6 août 2018, la récolte de l'orge est terminée. Le millet et le sarrazin ont été semés aussitôt pour une récolte fin septembre ou début octobre. Chaque maison a stocké sa récolte sur son toit et dans la rue devant sa porte. La batteuse avance de maison en maison dans la rue principale.
photo : 06/08/2018.

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3 - Vallée de la Nubra River (ou Siachen River).

rive gauche

Cette description suit la route qui remonte la rive gauche de la vallée de la Nubra de Sumur à Warshi. Beaucoup de maisons dispersées au milieu de champs d'orge et de blé, et de nombeux arbres, Sumur est un village important de cette vallée.


3.1 - Sumur gonpa

Samstanling Gonpa est un monastère gélugpa, fondé en 1841 par le Lama Tsultim Nyima (1797-1872), qui venait de fonder Ridzong Gonpa auquel ce monastère est rattaché. Les deux monastères observent les rigoureux préceptes Vinaya, qui imposent aux moines de ne posséder que leurs livres et leurs vêtements, et de ne pas pratiquer les cérémonies de danses ou d'offrandes. Les réincarnations successives de Lama Tsultim Nyima et de son fils Sras Rinpoche dirigent le monastère. Il héberge 60 moines et autant de jeunes moinillons.
Bien que situé au dessus du village de Sumur, le gonpa est sur l'autre rive du torrent, et donc sur la commune de Khyagar (= Tegar). À proximité, on peut également apercevoir le Zamskhang (palais) en ruine, en cours de restauration.
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La terrasse dessert un Lhakhang et un Gonkhang au centre et un Lhakhang à gauche où les moines réalisent chaque année un mandala de sable.(photo:13/08/2017) Juste au dessous du gonpa, près du torrent, ce très grand Lhato, caché sous un genevrier géant, est toujours bien entretenu.
photo : 22/07/2010
C'est à gauche du gonpa après les toilettes, dans les buissons épineux d'argousier, qu'il faut chercher ce rocher introuvable de 6 m. gravé de deux Bodhisatvas. (21/09/2012)

3.2 - forteresse-citadelle de Sumur

Très haut (3842 m) au dessus du gonpa (3258 m) se trouve une grande forteresse entourée de ramparts renforcés par des tours rondes. Aucun chemin ne permet d'y accéder. Elle est absolument invisible depuis le village ou depuis le gonpa.
Cette forteresse et son enceinte sont bien visibles sur Google Earth (34°38'05 N, 70°38'45 E)

photos du 13 août 2017
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Remparts du fort au dessus du village et de la rivière. Porte d'entrée de la forteresse. Ruines du côté des habitations.

photos du 7 août 2016
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Une grande forteresse inimaginable si l'on pense au ravitaillement en munitions et en nourriture à cette altitude. Mise en relief de la partie vide sans doute pour parquer les ânes et les chevaux nécessaires au portage. Gros plan sur les ruines de la partie habitée, avec certainement le château du "général" dans le fond.

3.3 - Khyagar (souvent simplifié en Tégar), village voisin de Sumur

En route vers Panamik, on traverse Khyagar dont on ne voit que quelques maisons et deux épiceries. Il faut s'y arrêter pour faire le tour du Mane Khang d'un blanc immaculé, puis monter au Zimkhang Palace, maintenu debout peut-être pour protéger le temple au dernier étage.
Puis, en descendant la ruelle qui se termine sous un chorten-passage, on se trouve sur la piste de l'ancienne Route de la Soie, bordée de chortens et d'un très long mur de manis qui de terminent (route et mur) dans le torrent dont les crues ont emporté la suite.


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Vue d'ensemble du Maney Khang avec le circuit extérieur de moulins. Le deuxième circuit est à l'intérieur de la cour et le troisième dans le bâtiment.(08/09/2013) Sur les toits du Maney Khang, plusieurs dizaines de petits moulins à prières enfermés dans des cages tournent avec le vent. Au bas du village, se trouve l'ancienne route de la soie. Elle est ici bordée par un mur de manis de 500 m de long, 9 m de large et 2 m de haut.(08/09/2013)

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Beaucoup de chortens et beaucoup de ruines de l'ancien village avant d'arriver au Zimkhang.(28/09/2011) Au dernier étage du bâtiment, on trouve un temple abritant de nombreuses vieilles statues.(08/09/2013) Dans la cuisine, le fourneau est fait d'un gros bloc d'argile, comme on peut encore en trouver au Ladakh.(21/09/2012)

3.4 - Panamik, dernier village autorisé jusqu'en 2006.

Après Sumur, la route traverse traverse quelques hameaux et de grands champs de pierres avant d'arriver à Tirisha et Panamik. Entre les deux, à gauche de la route s'étend une large plaine jusqu'à la Nubra river.
Au milieu de cette plaine se dresse une colline sans intérêt apparent si ce n'est qu'en son milieu on trouve un lac sacré ... qu'aucun torrent n'alimente.


photo du lac sacré le 26 juin 2008
Lophan tso ou "Yarab tso sont les deux noms de ce lac. De grands méditants voient dans son eau le reflet d'un bodhisattva et d'antres le reflet du Lhassa gonpa.
Les baies d'argousier sauvage sont récoltées dans tous les villages de la Nubra au début de septembre. On en fait un très bon jus et de la confiture.

photo de la récolte le 26/09/2012

On va surtout à Panamik pour ses sources chaudes. Les militaires qui en avaient fait leur laverie à linge, et leurs bains-douches privés sont partis en 2005. Un restaurant agréable et un bâtiment de douches nouveaux ont pris la place.

de Mai à Octobre, la classe se fait dehors FOREIGNERS ARE NOT ALLOWED BEYOND THIS POINT
POLICE CHECK POST

Ceci n'est plus vrai depuis 2006, où la limite a été repoussée d'abord à Hargam, 5 km plus loin (ce qui a permis de prendre le pont pour aller à Charasa), puis à toute la vallée fin 2015.

Ces enfants de l'école primaire doivent se demander à quoi peut bien servir l'anglais, l'urdu, le tibétain et le hindi qu'ils ont au programme dès leur première année d'école primaire.

3.5 - fin de la route jusqu'à Warshi


A 5 km de Panamik, on traverse le hameau de Hargam en laissant sur la gauche la route qui conduit au 1er pont sur la Nubra. Puis après Sasoma et un peu avant Tongstet, on laisse le second pont sur la Nubra pour continuer jusqu'à Warshi.
La vallée se resserre, on roule le long de falaises ou à travers de grands pierriers qui sont les cones de déjection de torrents occasionnels.
Enfin, Warshi, fin de la route pour les civils, un check post, quelques arbres, deux champs d'orge et une famille qui s'est installée ici depuis quelques années.
Pas de temple, pas de moine, juste un moulin à prières, et à 25 km de là se trouve le camp de base des militaires qui sont stationnés sur le glacier du Siachen.
Photo du paysage au-delà de Warshi vers le Siachen Glacier, le 5 août 2018. ===>

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4 - Vallée de la Nubra River (ou Siachen River).

rive droite

Sur cette rive aussi, les villages sont présentés en remontant la rivière depuis Charasa jusqu'à Yarma Gonbo. Dans la réalité, la route arrive en amont de Murgi après avoir franchi le pont de Hargam, et descend vers Charasa. C'est de là que l'on va remonter la rive droite de la rivière jusqu'à Yarma Gonbo, fin de la route, en passant par Kuri, Murgi, Ayi, Aranu, Kobet, Nonstet et Yargon (abréviation locale pour Yarma Gonbo).


4.1 - Charasa, ses deux monastères et son palais-forteresse.

On voit ici le plus bel ensemble de monuments de toute la vallée, et le plus spectaculaire aussi avec deux monastères et un fort posés sur un éperon rocheux qui s'avance dans la rivière Nubra.



Sur l'éperon rocheux qui s'avance dans la Siachen River, on voit de gauche à droite : un fortin à l'extrémité des remparts, Serdun gonpa le gonpa gelugpa rattaché à Diskit, Singkhar gonpa le nouveau gonpa drukpa rattaché à Hemis, et au dessus les restes importants du palais royal.


Serdun gonpa est consacré à Panchen Lhachun, moine de la Nubra au XV°s. Il fit de brillantes études à Lhasa et revint chez lui où il entra en conflit avec le dignitaire musulman.
D'un coup d'épée, ce dernier coupa le corps du moine en deux morceaux qu'il jeta dans la rivière. Le haut du corps s'échoua à Charasa où il fut déposé dans un chorten.
Le temps abîma ce chorten et le corps fut installé dans un nouveau chorten à l'intérieur du gonpa. A la surprise de tous, ce corps était en parfait état de conservation et une photo fut prise. Elle est dans le gonpa, avec le chorten et une statue du moine.
L'autre partie du corps serait dans le gonpa de Tangyar, au pied du Wari La.
... L'intérieur du nouveau Singkhar gonpa, lié à Hemis, abrite de belles statues récentes et de très anciennes qui proviennent de l'ancien gonpa.
Padmasambhava par exemple provient de l'ancien petit gonpa. (photos : 2011/09/30)
...
Il n'y a pas de documents sur l'histoire de la Nubra avant le XIV°s (mis à part les pétroglyphes de Diskit, Panamik, Murgi et autres : mais là, il s'agit de pré-histoire). Les rivières ont dû jouer un grand rôle dans les limites des territoires puisqu'on trouve un fort entouré de remparts à Charasa, un autre à Sumur (avec aussi un palais) et un troisième à Hunder.
Les XIV° et XV°s. sont agités par des conflits avec les royaumes plus à l'Est, jusqu'à ce que le roi du Ladakh vienne régler ces conflits et annexer la Nubra.
Le fort de Charasa devint alors sa résidence d'été.
Il reste le seul encore debout, malgré son toit délabré.

Avant de quitter Charasa, on peut aller voir l'empreinte du pied droit du Lama Dachompa. Elle est sur une roche noire qui affleure du sol, et abritée dans une cabane en terre, isolée sur un terrain vague, dans le prolongement du grand rocher.
La légende du lama Dachompa (Dhachompa Nyima Koungpa) est racontée dans le chapitre "Ensa"


4.2 - Kuri.

C'est un petit village de 14 familles et 50 habitants, 2 tea-shops, et une école primaire pour 15 élèves et 2 instituteurs.
La photo de gauche montre l'accès à Kuri en hiver par dessus la Nubra River dont il ne reste qu'un filet d'eau. On arrive directement à Kuri à partir de la route Sumur-Panamik en 20 minutes alors qu'il faut plus d'une heure pour faire le tour en bus ou en voiture. (les deux photos ont été prises le 11 février 2008)

Sur un monticule au centre du village, le gonpa Drukpa Kargyugpa dépend de Hemis. Ses murs sont couverts de peintures neuves rutilantes, dont un grand Padmasambhava sur le mur du fond. Les 4 Lokapalas sont peints à l'intérieur sur le mur de gauche.

4.3 - Murgi.

Dans cet environnement de sable et de roche, Murgy est le seul village à recevoir l'eau courante d'une haute cascade, gelée en hiver. Les autres villages (Charasa et Kuri) ont recours à des pompes à main. Ni tea shop, ni hébergement, ni gonpa, il faut 30 min à pied depuis le bas de Ensa. La cascade est à 10 minutes de la route. Un sentier permet de s'en approcher. L'empreinte du pied gauche du lama Dachompa est sur une roche noire qui affleure du sol, visible à l'entrée du village dans un abri récent sur la gauche de la route.
photo de Murgi vu depuis Panamik le 15/08/2010.

4.4 - Le monastère perché de Ensa.

Le gonpa de Ensa se devine depuis Panamik grâce à la tache vert sombre de la végétation autour de sa source, qui contraste avec le fond blanc de la chaîne de Baltoro.
On peut y venir à pied en 3 h depuis Panamik, en emportant son casse-croûte pour midi.
vue de Ensa gonpa et Nubra Valley Le monastère comprend un grand bâtiment qui abrite un Lhakhang, un Dukhang et les habitations des moines.
Un second Dukhang de l'autre côté de la cour menace de s'effondrer. Il abrite de vieilles fresques et quelques statues dans une vitrine sur le mur du fond.
La Légende du Lama Dachompa :

"Un grand Lama du nom de Dachompa Nyima Gungpa refusa de construire "Lhasa gonpa" sur cet endroit sacré comme c'était prévu, mais laissa l'empreinte de ses pieds à la place.
Dachompa Nyima Gungpa avait le pouvoir de voler au moyen de ses habits de moine. Et c'est en volant qu'il se rendit au Tibet et construisit "Lhasa gonpa".
Les empreintes de son pied sont bien conservées et peuvent encore se voir à Ensa, Murgi, Charasa, Tirisha et Tsati.
En visitant Ensa, pensez à voir l'empreinte des pieds de Dachompa au pîed du tarchen.

C'est ce même "Lhasa Gonpa" que certains méditants voient se refléter dans les eaux du lac sacré de Panamik.

Les faits historiques :
Durant le règne du roi Dakspa Bumde, Stod Changsem Sherap Zangpo fonda le monastère d'Ensa. C'est le plus vieux monastère de la Nubra, contemporain de celui de Diskit. Sherap Zangpo était un disciple de Tsongkhapa, le fondateur de la branche Gélugpa du Bouddhisme.
Ensa et Diskit sont les deux plus vieux monastères de la Nubra.

4.5 Yarma Gonbo (3356 m.)


Après Ensa, il faut continuer à remonter la rive droite de la Siachen River, et donc laisser le pont vers Argham et Panamik, pour passer à Kobet, Aï et

à ARANU, où un nouveau grand Padmasambhava règne sur la vallée. ==>
La statue a un bandeau sur les yeux car elle n'a pas encore été consacrée (05/08/2018)
Ensuite, Nyungstet et Dongsa jalonnent la piste avant d'arriver à Yarma Gonbo. Le monastère (de la lignée drukpa kargyud), fut fondé en 1306 par les fils spirituels de Gyalwa Gotsangpa (1189-1258).
Yarma Gonbo éloigné, isolé et difficile d'accès reçoit peu de visiteurs. Sauf le 23 juillet 2010 pour la visite du Dalaï Lama. Tous les hivers, tous les habitants de la vallée viennent assister au Yargon Tungshak Festival. (photo du 16 février 2016) Ce nouveau pont entre Nyungstet et Hénaché permet d'aller plus rapidement à Warshi en venant de Yarma Gonbo. (photo du 5 août 2018)

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5 - Renseignements pratiques.

(7 Rs pour 1 FRF en 2002, 56,5 Rs pour 1 € en 2004, 83 Rs en 2014, 73 Rs en 2016, 80 Rs en 2018)

le permis.
Comme pour Dah-Hanu et le lac de Pongong, il s'agit d'un permis collectif pour 2 personnes minimum, délivré par une agence de voyage de Leh. Il est valable 15 jours à partir de 2019. Il faut fournir une photocopie des 4 pages du passeport qui portent la photo, le nom et le visa. Plus de précisions ici.

l'hébergement.
On trouve plusieurs guesthouses ou homestays à Diskit, Hunder, Turtuk, Sumur, Panamik, et une à Charasa ainsi qu'à Tangyer.


 divers.

Pour avoir une étude complète et détaillée sur l'histoire, la géographie et l'archéologie des vallées de La Shyok et de la Nubra, lire ce document.

• L'association française "Juley, enfants du Ladakh" s'est fortement impliqué dans le développement des écoles de Diskit et de Sumur. Son action s'est développée à plusieurs niveaux : l'amélioration et la construction de locaux, une large campagne de parrainage pour aider les familles les plus pauvres à envoyer leurs enfants à l'école et l'achat d'un bus de ramassage scolaire qui permet aux enfants même très éloignés de venir à l'école quel que soit le temps.